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Généralités sur l’appareil génital féminin

 Anatomie et physiologie de l'apareil génital féminin

appareil génital féminin

Fig. 1 : coupe sagittale de l’appareil génital féminin
By BruceBlaus via Wikimedia Commons

Fig. 2 : coupe frontale de l’appareil génital féminin

L’appareil génital féminin (Fig. 1 et 2) comprend des organes génitaux internes (deux ovaires, deux trompes de Fallope, l'utérus et le vagin) et externes (la vulve = les grandes lèvres, les petites lèvres et le clitoris).

  • Le vagin est un organe en forme de tube, de 10 à 15 cm de long, très extensible, dans lequel sont déposés les spermatozoïdes au cours du rapport sexuel ; il est également la voie naturelle de passage du fœtus lors de l’accouchement. Il est tapissé par un épithélium malpighien non kératinisé.
  • L’utérus est un organe musculaire lisse d’environ 7 cm, de forme triangulaire, dans lequel se développe l’embryon puis le fœtus. Il est creusé d'une mince cavité : la cavité utérine. Celle-ci est tapissée par une muqueuse particulière, l'endomètre, qui desquame tous les mois (s’il n’y a pas eu fécondation) au moment des règles. Cette muqueuse repose sur une couche externe épaisse de fibres musculaires : le myomètre.
  • Le col utérin assure la communication entre la cavité utérine et le vagin, il comprend deux parties :
  • l'exocol, partie inférieure du col au contact du vagin, est tapissé par un épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé (Fig. 4).
  • l'endocol, partie supérieure du col au contact de l’utérus, est tapissé par un épithélium simple qui s’invagine dans le chorion sous-jacent formant les glandes endocervicales produisant la glaire cervicale.
    La glaire cervicale humidifie la muqueuse vaginale, elle-même dépourvue de glandes. Elle est légèrement alcaline (contrairement au milieu vaginal qui est acide) et forme un bouchon visqueux obturant le col utérin (sauf au moment de l’ovulation où elle devient liquide, « filante », et perd sa fonction d’obturation afin de laisser passer les spermatozoïdes).
  • Les ovaires sont attachés à l’utérus par un ligament. Un des ovaires produit chaque mois, de la puberté à la ménopause, un ovocyte.
  • Les trompes utérines (ou trompes de Fallope) sont des conduits qui s’étendent de l’utérus jusqu’à l’ovaire. A ce niveau, leurs extrémités en forme d’entonnoir frangé, appelées pavillon, s’ouvrent dans la cavité péritonéale face à l’ovaire. L’ovocyte produit chaque mois est aspiré par le pavillon, progresse dans la trompe utérine puis y rencontre les spermatozoïdes. Un d’entre eux fusionne avec l’ovocyte pour donner un œuf. C’est la fécondation.

Au cours de sa migration dans la trompe de Fallope et l’utérus, l’œuf se divise en 2, 4, 8… formant un amas cellulaire appelé morula qui évolue ensuite en blastocyste, puis embryon capable de s’implanter dans la muqueuse utérine.

La lumière des trompes utérines est réduite lorsqu’elles sont infectées (salpingite) avec comme conséquence la stérilité (les spermatozoïdes ne peuvent rejoindre l’ovocyte) ou des grossesses extra-utérines (l’œuf fécondé ne peut gagner l’utérus).

 

Le verrou microbiologique

L’endocol utérin sépare deux secteurs microbiologiquement différents (Fig. 3) :

  • Le premier secteur qui comprend la vulve, le vagin et l’exocol (l’appareil génital bas) est colonisé par de nombreuses espèces commensales : c’est la flore vaginale (voir paragraphe 2.1). Le pH vaginal acide (entre 3,9 et 4,5) inhibe la multiplication des principaux pathogènes sauf des levures. De plus on y trouve des glandes sécrétrices de mucus riche en protéases qui digèrent bon nombre de bactéries et de virus exogènes.
  • Le deuxième secteur est naturellement stérile. Il comporte l’endocol, ainsi que les cavités utérine et tubaire (appareil génital haut).

La glaire cervicale sécrétée par l’endocol utérin joue le rôle d’un verrou microbiologique en empêchant efficacement la remontée des bactéries vaginales. Son action antimicrobienne est la résultante de trois effets :

  • un effet mécanique : « l’effet chasse d’eau » lié à l’écoulement de la glaire de l’utérus vers le vagin constitue une barrière à l’ascension des bactéries grâce au « filet » que réalise les différentes glycoprotéines fibrillaires de la glaire ;
  • un effet chimique : elle contient de nombreuses enzymes antibactériennes (lactoferrine, peroxydase, lysozyme) ;
  • un effet immunologique : les immunoglobulines produites localement (Ig A) ou provenant du sang (Ig G) se concentrent dans la glaire et diminuent l’adhérence bactérienne

col utérus verrou microbiologique

Fig. 3 : L’endocol est un véritable verrou microbiologique
© Pascal Fraperie

 

Histologie des muqueuses génitales de la femme

Muqueuse endocervicale

Elle est constituée d’un épithélium cylindrique simple (Fig. 4) composé de cellules basales, de cellules ciliées et de cellules caliciformes. Les replis de cet épithélium forment les glandes cervicales qui sécrètent la glaire cervicale. La consistance de la glaire est sous contrôle hormonal et dépend du cycle menstruel :

  • Elle est "épaisse et visqueuse" pendant la 1ère partie du cycle et la période post-ovulatoire.
  • Elle est "claire et filante" pendant la période pré-ovulatoire et l'ovulation

muqueuse col utérus
Fig. 4 : les muqueuses du col utérin
© Pascal Fraperie

Muqueuse vaginales et exocervicales

Les muqueuses vaginale et exocervicale sont composées d’un épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé (Fig. 4) qui comporte trois couches cellulaires :

  • une couche basale de petites cellules cubiques ;
  • une couche intermédiaire de cellules aplaties ;
  • une couche superficielle de cellules pavimenteuses de grande taille (60 à 80 µm), polyédriques, aplaties contenant un petit noyau (moins de 5 µm). Elles produisent du glycogène.

Les cellules basales remplacent les cellules superficielles à mesure que ces dernières sont éliminées par le phénomène naturel de desquamation.
Ces muqueuses sont humidifiées en permanence par la glaire cervicale et les glandes de Bartholin.
Sur un frottis vaginal, chez la femme non ménopausée, on observe différents types de cellules selon le stade du cycle (Fig. 5) :

  • Au début du cycle, pendant la phase menstruelle : on observe des cellules intermédiaires et superficielles, des hématies, des leucocytes, des débris endométriaux, des lactobacilles. Par la suite, le fond devient plus pauvre, les cellules superficielles de plus en plus nombreuses.
  • C’est au pic de la sécrétion œstrogénique (à l'approche de l'ovulation) que le frottis présente le plus de cellules superficielles. Le frottis est propre.

Après l'ovulation : les cellules intermédiaires deviennent progressivement prédominantes. Elles desquament en placards et présentent des bords repliés. Les leucocytes et les lactobacilles sont à nouveau présents sur le frottis.


Fig. 5 : coupe histologique de la muqueuse vaginale

Dans les conditions physiologiques normales, on n'observe pas de cellules basales sur le frottis sauf s'il existe un contexte inflammatoire particulièrement important.

 

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