Skip to content

Dépistage de l’infection urinaire avec des bandelettes

 

Ces bandelettes utilisables directement au lit du patient ou en cabinet de ville  détectent en 1 à 2 minutes :

  • la présence de nitrites, témoin de la bactériurie. En effet la plupart des germes uropathogènes possèdent une nitrate réductase et donc réduisent les nitrates urinaires en nitrites. Le seuil de détection est de 105 UFC /mL.
  • la leucocyturie par la recherche de leucocytes estérases produites par les granulocytes neutrophiles. Le seuil de détection est de 104 leucocytes /mL.

bandelette urinaire bandelette urinaire
Fig 6. Bandelettes urinaires
© Marielle Maye-Lasserre

La bandelette est trempée dans des urines fraîchement émises, dans un récipient propre et sec mais pas nécessairement stérile. La lecture se fait à température ambiante, après avoir respecté scrupuleusement le temps indiqué par le fabricant (1 ou 2 minutes selon les tests).

Dans le but de standardiser cette lecture, elle peut être réalisée par des automates.

Comme il existe des faux négatifs pour les paramètres nitrites et leucocyte estérase (Tableau 2), il faut associer ces deux paramètres pour interpréter les bandelettes.

Tableau 2 : Causes de bandelettes urinaires faussement négatives

Bactériuries faussement négatives

Leucocyturies faussement négatives

  • faibles bactériuries (le seuil de détection est de 105 UFC /mL)
  • bactériuries à germes ne possédant pas de nitrate réductase comme Staphylococcus saprophyticus (il représente jusqu’à 10% des infections urinaires chez la jeune femme), Enterococcus spp, Acinetobacter et Candida spp.
  • bactériuries à germes possédant à la fois une nitrate réductase et une nitrite réductase comme Pseudomonas aeruginosa, les nitrites formés sont non détectés car aussitôt réduits
  • régime alimentaire pauvre en nitrate
  • traitement par acide ascorbique
  • forte glycosurie
  • forte cétonurie
  • forte protéinurie
  • présence d’acide ascorbique
  • présence de certains antibiotiques (céfalotine tétracyclines, nitrofurantoïne ou gentamicine)
  • présence d’acide borique, ascorbique ou oxalique

 

 

Performance et place des bandelettes dans la démarche diagnostique

Les bandelettes urinaires sont intéressantes pour conforter un diagnostic d’infection urinaire chez des sujets présentant des symptômes.

Elles ne permettent bien sûr pas d’identifier le microorganisme responsable et de tester sa sensibilité aux antimicrobiens mais suffisent dans le cas d’un premier épisode de cystite simple ; si la bandelette est positive chez ces patientes (Nitrite + et /ou leucocyte estérase +), un traitement antibiotique probabiliste est alors instauré sans qu’un ECBU soit nécessaire.

En dehors du cas des premiers épisodes de cystites simples, en présence de symptômes, un ECBU doit être réalisé quel que soit le résultat de la bandelette urinaire.

Les bandelettes sont également recommandées par l’ANSM pour le suivi des femmes enceintes à raison d’un dépistage par mois à partir du 4ème mois de grossesse. En cas de positivité, un ECBU est réalisé.

 

Primary Sidebar