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Le cas du patient mucoviscidosique

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Le pronostic de la mucoviscidose dépend de l’ampleur des lésions bronchiques et parenchymateuses liées aux infections bactériennes. C’est pourquoi une surveillance bactériologique des colonisations bactériennes est essentielle. Elle exige de respecter des recommandations concernant la qualification des prélèvements, le seuil de dénombrement des différentes espèces, les milieux de culture et l’antibiogramme. (recommandations pour la prise en charge des patients atteints de mucoviscidose – conférence de consensus des 18 et 19 novembre 2002).

Modalités de prélèvement

Différents prélèvements bactériologiques sont disponibles :

  • On recommande le recueil d’expectoration spontanée ou provoquée.
  • En l’absence d’expectoration, on peut éventuellement réaliser :
  • un écouvillonnage pharyngé, seul examen validé par comparaison au LBA ;
  • l’aspiration nasopharyngée, fréquemment utilisée et bien tolérée chez le nourrisson mais pas encore évaluée.

En revanche, le lavage bronchoalvéolaire (LBA) est trop invasif pour être utilisé. Il est cependant l’examen de référence auquel on compare les autres techniques

Critères de qualité des prélèvements

Pour s’assurer de la qualité du prélèvement, on observe d’un frottis de l’expectoration coloré au MGG. On compte le nombre de leucocytes et de cellules épithéliales pharyngées par champ au grossissement X250. Voir évaluation de la qualité du prélèvement sur la page dédiée à l’analyse des sécrétions bronchopulmonaires.

Culture et dénombrement

Les différentes étapes de l’analyse sont présentées sous forme d’un schéma récapitulatif.

Interprétation des cultures selon les espèces pathogènes détectées

Les seuils au delà desquels un antibiogramme est nécessaire sont bien plus bas que chez les sujets non mucoviscidosiques. Ils dépendent des espèces isolées (Tableau 10)

Pour les espèces Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Burkholderia cepacia, Inquilinus limosus et Pandoraea spp, on considère qu’il y a infection si les 2 conditions suivantes sont remplies :

  • on dépasse le seuil de 102 UFC/mL
  • on note des signes d’exacerbation. C’est à dire une toux plus fréquente, une augmentation du volume et de la purulence des expectorations, une diminution de la tolérance à l’effort…

En absence de signes d’exacerbation, alors qu’on a dépassé le seuil de 102 UFC/mL, on considère que c’est une colonisation.

Il existe des S. aureus « variants à petites colonies » apparaissant en général après 48 à 72 heures d’incubation. Ces variants ont une localisation intracellulaire. Ils sont responsables en partie du caractère pérenne de S. aureus au sein des voies aériennes bronchiques. Il faut signaler ces souches au clinicien. En effet la présence de variants à petites colonies nécessite un traitement antibiotique particulier. On utilise de la rifampicine associée à de l’acide fusidique. En effet, la rifampicine présentant une bonne pénétration cellulaire.

La fonction respiratoire se dégrade rapidement en présence de souches mucoïdes de Pseudomonas aeruginosa. C’est pourquoi il est nécessaire de préciser au clinicien, le caractère muqueux ou non des souches.

Tableau 10

mucoviscidose

 


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