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Infection bronchopulmonaire cas 5

 

Examen cytobactériologique des sécrétions bronchopulmonaires

Contexte

Un homme de 45 ans, sous traitement immunosupresseur, est hospitalisé en urgence. Il présente une forte fièvre et des difficultés respiratoires. Après avoir observé la radiographie des poumons, le médecin diagnostique une pneumonie intersticielle. L’analyse d’un lavage bronchoalvéolaire (LBA) est prescrit.

Résultats le premier jour d'analyse du LBA
Examens microscopiques après cytocentrifugation du prélèvement
Gram objectif X100Flore monomorphe composée d’assez nombreux bacilles à Gram positif ramifiés
MGG objectif x10Nombreux macrophages alvéolaires, nombreux granulocytes neutrophiles, absence de cellules épithéliales pharyngées

 

Questions

Pour faire apparaitre la réponse, cliquez sur la question !

 

1. Commenter les résultats de l’analyse cytologique.

L’absence de cellules épithéliales pharyngées indique qu’il n’y a pas eu pas de contamination salivaire.

La présence de nombreux macrophages alvéolaires et de granulocytes neutrophiles est le signe d’une infection du parenchyme pulmonaire.

 

Résultats des cultures après 24 h d'incubation à 37°C. Les géloses ont toutes été ensemencées avec 100 µL de la dilution 10-1 du LBA.
Dilution finale à 10-1
BCPPas de culture
Gélose au sang + ANC sous atmosphère enrichie en CO2Pas de culture
Gélose chocolat enrichie sous atmosphère enrichie en CO2Pas de culture
Gélose BCYEPas de culture
Gélose GVPCPas de culture
Résultats des recherches d’antigènes urinaires de Legionella pneumophila et de Streptococcus pneumoniae
 

binax now streptococcus pneumoniae

 

 

binax now legionella pneumophila

 

2. Interpréter les résultats des recherches d’antigènes urinaires de Legionella pneumophila et de Streptococcus pneumoniae.

Pour les deux tests, nous observons une ligne sur la bandelette au niveau de la zone contrôle. Les deux tests sont donc interprétables.

Ils ne présentent pas de ligne au niveau de la zone test, ici nommée “SAMPLE”.

L’urine ne contient donc pas d’antigènes de Streptococcus pneumoniae ou de Legionella pneumophila.

 

 

 

3. Proposer une orientation de l’identification de l’agent pathogène.

La flore étant monomorphe, le bacille Gram positif observé semble être l’agent pathogène. Sa morphologie et le contexte clinique oriente vers une infection à Nocardia.

L’absence de culture s’expliquerait alors par la lenteur du développement des Nocardia.

 

 

 

4. Proposer la suite à donner à cette analyse.

Remettre à incuber la totalité des milieux, guetter l’apparition d’une culture chaque jour pendant 15 jours.

 

 

 

 

 

 

 

Résultats des cultures après 4 jours d'incubation à 37°C. Les géloses ont toutes été ensemencées avec 100 µL de la dilution 10-1 du LBA.
Dilution finale à 10-1
BCPUne cinquantaine de colonie sur chaque milieu. Elles sont blanches, mates, d’aspect poudreux, s’incrustant dans la gélose. La culture présente une odeur de terreau
Gélose au sang + ANC sous atmosphère enrichie en CO2Une cinquantaine de colonie sur chaque milieu. Elles sont blanches, mates, d’aspect poudreux, s’incrustant dans la gélose. La culture présente une odeur de terreau
Gélose chocolat enrichie sous atmosphère enrichie en CO2Une cinquantaine de colonie sur chaque milieu. Elles sont blanches, mates, d’aspect poudreux, s’incrustant dans la gélose. La culture présente une odeur de terreau
Gélose BCYEUne cinquantaine de colonie sur chaque milieu. Elles sont blanches, mates, d’aspect poudreux, s’incrustant dans la gélose. La culture présente une odeur de terreau
Gélose GVPCUne cinquantaine de colonie sur chaque milieu. Elles sont blanches, mates, d’aspect poudreux, s’incrustant dans la gélose. La culture présente une odeur de terreau

 

5. Orienter l’identification du germe présent dans ce LBA.

Les colonies sont identiques sur chacun des milieux, il s’agit du même germe.

Le délai de croissance et l’aspect des cultures orientent vers le genre Nocardia.

La souche doit être envoyée à l’observatoire français des nocardioses à Lyon, pour s’assurer que c’est une Nocardia, identifier avec précision l’espèce et faire son antibiogramme.

 

 

 

6. Estimer la concentration du germe présent dans ce LBA.

La concentration dans le crachat de ce germe est voisine de 5. 103 UFC/mL.

Pour ce calcul, on utilise la formule suivante : C = (n/V) x (1/dilution)
Ainsi pour n = 1 (une colonie) ; V = 100 µL soit 10-1 mL et dilution = 10-2
on trouve C = (50/10-1) x (1/10-1) = 5. 103 UFC/mL.

 

 

 

7. Analyser les résultats obtenus compte tenu du germe identifié et de sa concentration dans le LBA.

La concentration est de 5.103 UFC/mL. C’est inférieur au seuil de 104 UFC/mL retenu pour les LBA. Mais les Nocardia font partie des espèces dont la présence peut être pathologique en dessous de ce seuil.

 

 

FIN DE L’ÉTUDE DE CAS

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